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Dans le premier article de cette série, nous avons défini et illustré le concept de Posture narrative et entrevu ce qu'une posture narrative dévalorise. Ici, entrons dans le concret : comment décode-t-on une posture narrative dans un récit ? Ils sont développeurs dans une entreprise en croissance rapide. Compétents, engagés sur la qualité du code. Depuis plusieurs mois, la tension monte avec la direction. Ils me disent : "On essaie de maintenir un standard de code correct, mais c'est impossible avec la direction actuelle. Ils nous imposent des technos obsolètes et des deadlines dictées par le marketing sans aucune consultation. On subit les erreurs stratégiques de gens qui ne comprennent pas notre métier. Dans ces conditions, on fait le minimum syndical : on ne peut pas construire sur du sable si la hiérarchie ne change pas radicalement de vision." Qu'est-ce qu'on entend ? Une équipe frustrée, des contraintes réelles, un rapport de force déséquilibré. Le diagnostic technique semble solide. On pourrait être tenté d'explorer les canaux de dialogue avec la direction, de chercher des alliés, de travailler la communication ascendante. Regardons la forme du récit. Pas ce qui est dit, comment l'équipe se positionne dans ce qu'elle raconte. Quelques indices suffisent.
L'équipe ne dit pas "nous choisissons de faire le minimum". Elle dit "nous ne pouvons pas faire autrement tant qu'ils ne changent pas". L'inaction est présentée comme une conséquence logique, pas comme un positionnement. C'est la signature de la posture narrative de l'Accusateur. Une posture qui transfère le lieu du pouvoir (ce qu’on nomme en psychologie le locus de contrôle) à l'entité blâmée. C'est l'autre qui détient la clé du changement, et tant qu'il n'agit pas, toute action de notre part est disqualifiée comme "inutile de construire sur du sable". De nouveau, ce qui disparaît dans ce récit, ce qui est dévalorisé, détermine ce que l'équipe peut ou ne peut pas envisager comme mouvement. Les indices de dévalorisation, ce sera l'objet du troisième article. Postures narratives : l'outil qui transforme les récits qui coincent. Vous voulez apprendre à décoder ces récits sur vos propres situations ?
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Christophe KeromenAutteur de "Ne vous transformez surtout pas !" (fin 2026) ArchivesCatégories
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