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PN3 : "Je continuerai à porter le projet toute seule"

4/21/2026

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Dans les deux premiers articles, nous avons posé le concept de posture narrative et montré comment la lire dans un récit, indice par indice.
Ici, un troisième récit, plus complexe, plus fréquent aussi, pour aller un cran plus loin : identifier ce qui est dévalorisé, et voir ce que ça révèle sur la situation.
  • article 1 : https://www.systemically.fr/blog_liste/si-je-ne-le-fais-pas-personne-ne-le-fera 
  • article 2 : https://www.systemically.fr/blog_liste/pn2-inutile-de-construire-sur-du-sable 
Nejma est responsable qualité dans une entreprise multi-sites. Rigoureuse, engagée, reconnue pour son expertise. Depuis plusieurs mois, elle tient à bout de bras un projet transverse.

Elle me dit : "Je passe mes journées à colmater les brèches laissées par le manque de rigueur des autres départements. C'est épuisant de devoir tout vérifier derrière eux pour éviter la catastrophe, tout ça pour que la direction nous félicite à peine. Franchement, tant qu'ils n'auront pas compris l'importance de la qualité, je continuerai à porter le projet tout seul, mais je ne vois plus l'intérêt de proposer des améliorations puisque personne n'écoute."

Qu'est-ce qu'on entend ?

Une professionnelle épuisée, un sentiment de manque de reconnaissance, des collègues peu rigoureux. La situation semble claire. On pourrait être tenté de travailler la communication avec la direction, de formaliser les contributions, de clarifier les responsabilités entre départements.

Regardons la forme. Vous avez maintenant deux articles de décodage en soutien.
À votre avis, quelle posture narrative se dessine ici ?

Prenez un moment.
"Je passe mes journées à colmater", "C'est épuisant", "je continuerai à porter le projet tout seul"...
"Le manque de rigueur des autres départements", "tant qu'ils n'auront pas compris", "personne n'écoute"...

Alors, Martyr ou Accusateur ?

Hé bien les deux. Souvent les postures se mixent, se superposent, se renforcent mutuellement. Nejma porte parce qu'ils ne comprennent pas. Nejma souffre parce qu'ils ne changent pas.

Ce qui importe, c'est moins l'étiquette que ce que cette combinaison dévalorise et c'est là que l’accompagnement systémique commence.

Ce qui disparaît dans ce récit : sa propre contribution à la situation. En colmatant systématiquement, elle empêche les autres départements de développer leur rigueur. Elle compense et cette compensation justifie, aux yeux des autres, de ne pas changer. 

La boucle est là :
Elle colmate → les autres ne développent pas la rigueur → confirme qu'elle doit tout faire → s'épuise → attend une reconnaissance qui ne vient pas → renforce le sacrifice.

Ce n'est pas un jugement moral. C'est une boucle de renforcement.
Nejma y participe sans le voir, parce que son récit la place en dehors du système qu'elle décrit.


C'est ce que les postures narratives permettent de rendre visible : non pas qui a tort, mais comment le récit construit une réalité qui se referme sur elle-même.

Ce qui est dévalorisé ici : les marges de manœuvre et la part de responsabilité partagée.
Ce qui, en inversant, pourrait être réhabilité ?
Les autres départements, non comme complices d'une catastrophe annoncée, mais comme acteurs avec leurs propres contraintes. Sa propre contribution au problème, compenser systématiquement, c'est aussi empêcher l'apprentissage collectif. Son pouvoir d'expression, plutôt qu'attendre une reconnaissance qui ne vient pas. La possibilité d'expérimenter différemment, même modestement, même à son échelle.

Déverrouiller le récit : les trois gestes du Coopérateur.
C'est l'horizon de ce que j'appelle la posture du Coopérateur. 
​

Elle ouvre le chemin pratique pour réhabiliter ce qui a été dévalorisé. Ce déplacement du récit est guidé par trois gestes fondamentaux qui transforment la situation sans attendre que les autres changent :
Acter ce qui ne dépend pas de moi. Honorer ce qui a été dévalorisé. Ouvrir l'univers de la possibilité.
Postures narratives : l'outil qui transforme les récits qui coincent.
Même dans un système contraignant, il nous reste une part de liberté : celle de choisir comment nous nous positionnons face à ce qui nous arrive.
Le premier objectif n'est plus de changer les autres, ni d'attendre qu'ils changent,mais de commencer par clarifier son propre positionnement dans la situation, c-à-d d’adopter la posture du Coopérateur.
​

C'est cet accompagnement là que nous pratiquons dans la MasterClass.
👉 MasterClass Postures Narratives — Rennes, 4 juin · Session distanciel — octobre
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    Christophe Keromen

    Autteur de "Ne vous transformez surtout pas !" (fin 2026)

    Archives

    Avril 2026

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    Postures Naratives

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