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Quand l'indispensabilité mène à l'épuisement ou la Posture Narrative du Martyr… Marc est responsable technique dans une entreprise de taille moyenne. Compétent, reconnu, fiable. Depuis des années, c'est lui qui garantit la continuité de service. En cas de crise, c'est lui qu'on appelle. Marc me dit : "Je n'ai pas vraiment le choix, si je ne prends pas cet appel à 23h le soir du réveillon, personne ne le fera et l'usine s'arrête. C'est devenu une habitude : mon équipe compte sur moi pour absorber les crises, alors je décale mes vacances, je reste branché en continu. J'ai fini par accepter que ma vie perso passe après, mais je sens que je m'use à être le seul garant de la continuité de service." Qu'est-ce qu'on entend dans ce récit ? Un professionnel sérieux, investi. Quelqu'un qui assume, mais proche de l’épuisement. On pourrait être tenté de travailler sur la déconstruction de ses croyances sur l'indispensabilité, la formalisation d'un plan de transmission technique ou la renégociation d'un cadre de déconnexion strict auprès de sa direction. Regardons comment il se raconte dans la situation. Pas ce qu'il dit de la situation, comment il s'y positionne. C'est ce que j'appelle sa Posture Narrative : le filtre implicite à travers lequel, pour cette situation, l'individu perçoit, sélectionne, relie et rapporte son rapport aux événements. Selon lui, Marc est le seul. Le système dépend de lui. S'il lâche, tout lâche. Sa présence est une nécessité, un devoir moral même, pas une préférence. Ce cadrage a une cohérence interne solide. Et c'est précisément cette cohérence qui mérite attention : elle dévalorise implicitement plusieurs possibles, ce qui limite d’autant ce qui peut être envisagé comme mouvement. C'est là que se situe la marge de manœuvre que le récit rend invisible pour Marc. Quels sont les possibles dévalorisés dans son récit ? Je vous laisse y réfléchir. Mais une fois les dévalorisations identifiées, le travail d'accompagnement change de nature en se focalisant sur ce qui est à revaloriser. On accompagne un déplacement du récit qui entraîne un déplacement du rapport à la situation. En quelques minutes, sans avoir besoin du dossier complet, en se mettant à l’écoute de la forme du récit, une hypothèse de travail a émergé. L'accompagnant ne se noie pas dans les détails. Il propose un fil que la conversation peut dérouler. Ce sera l'objet du deuxième article : ce qui est dévalorisé dans un récit, et comment un nouveau récit peut l'honorer. Postures narratives : l'outil qui transforme les récits qui coincent Vous voulez apprendre à décoder ces récits sur vos propres situations ?
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Christophe KeromenAutteur de "Ne vous transformez surtout pas !" (fin 2026) ArchivesCatégories
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